Quelques Pages

Vendredi 14 septembre 2012 à 9:53

Littérature norvégienne

http://quelques.pages.cowblog.fr/images/382684268284400.jpgQuelques jours avant Noël, en Norvège, dans une ferme délabrée de Trondheim, la tyrannique Anna Neshov se meurt. Ses trois fils, leur père, ombre fantomatique, et Torunn, l'unique petite-fille, se retrouvent alors pour la première fois pour une confrontation explosive où éclateront les drames secrets dont sont tissées leurs vies ...

Le roman s'ouvre in medias res sur le suicide de Yngve, un petit garçon.
Ses parents appellent alors Margido Neshov qui a une entreprise de pompe funèbres. On découvre donc cet homme et un peu les parents Kotum. Ce qui m'a troublé c'est que la suite nous fait découvrir Erlend, un concepteur de vitrines. Difficile de comprendre comment tout cela va s'emboîter pour faire avancer l'histoire, la première partie nous fait découvrir des personnages différents et en conséquence je n'ai pas compris tout de suite où l'auteur voulait nous emmener mais peu à peu l'histoire se centre sur la ferme des Neshov et nos questions trouvent des réponses. Une fois les premières pages passées je suis totalement entré dans l'histoire et j'ai passé un incroyable moment de lecture ! Ce polar nous tient sans que j'arrive à l'expliquer. Mais je vais quand même essayer rassurez-vous ! Tout d'abord le suspens nous tient parce que plus on découvre les personnages et plus on sent qu'il va se passer quelque chose dans cette famille. Ensuite parce que cette immersion dans cette ferme norvégienne fait penser a un huit clos où les personnages se cachent des choses qui seront un jour dévoilées. J'ai beaucoup aimé l'alternance entre les scènes dans la porcherie et les scènes familiales, et le suspense qui en découle petit à petit. Les personnages que l'on découvre au début du roman font leur apparition plus tard et ces chapitres qui m'avaient laissés perplexes prennent alors tout leur sens. Au fil des pages la famille se centre autour de la mère, qui se meurt, et la famille se redécouvre, ce qui n'est pas sans conséquence car certains font connaissances, d'autres se retrouvent, et vous l'aurez compris, des secrets vont être dévoilés. Il m'est difficile d'en dire plus sans spoiler, mais les révélations sont nombreuses, même jusqu'aux dernières pages. La fin du roman ne voit pas toutes les interrogations expliquées, et deux autres tomes m'attendent, que je vais m'empresser de découvrir car pour l'instant j'adore.

Ce roman est le premier tome d'une trilogie dont la suite est L'héritage impossible, et La ferme des Neshov.


Anne B. Ragde, La terre des mensonges, 10/18, 2009 (2004 pour la première édition), 350 pages. Traduit du norvégien par Jean Renaud

Lundi 19 mars 2012 à 10:04

Littérature norvégienne

le_livre_de_johannes.jpgEn août 2010, le cadavre décapité et écorché d’Efrahim Bond est retrouvé au musée Edgar Allan Poe de Richmond, Virginie. L’assassin a, par ailleurs, emporté sa peau. L’enquêtrice Felicia Stone s’aperçoit rapidement que peu avant sa mort, la victime avait envoyé un morceau de la reliure en cuir d’un livre pour analyse. Quand elle prend connaissance des résultats de celle-ci, elle ne doute plus que le meurtre soit lié à ce mystérieux ouvrage relié… en peau humaine.
L’auteur nous transporte alors cinq siècles en arrière, sur les traces de ce mystérieux manuscrit intitulé Livre de Johannes qui décrit les observations du premier médecin de l’histoire pratiquant des autopsies. Selon la rumeur, le chirurgien ne se contentait pas de subtiliser des corps dans les cimetières mais fabriquait lui-même les cadavres indispensables à ses travaux !

Voilà un roman qui n'aura même pas eu le temps de passer par la case PAL car à peine acheté il a eu l'honneur d'être lu (et peu nombreux sont les romans qui peuvent dire ça !). C'est un roman très bien écrit, mais alors vraiment très bien ! Comprenez une syntaxe fluide, légère et attrayante, mêlée à des protagonistes fascinants et profonds. Non non pas d'emphase ici, juste mon avis.

L'auteur nous plonge dans un univers absolument passionnant et son écriture est tellement bonne qu'on ne peut quitter ses pages.

Il faut attendre les dernières pages pour résoudre toutes les interrogations soulevées, ce qui laisse beaucoup de place pour le suspens. J'ai particulièrement aimé le dénouement, et la relation entre les deux enquêteurs (Odd Singsaker et Félicia) J'ai aussi aimé les références fréquentes à Poe, ce qui m'a donné envie d'en apprendre plus à son sujet. (Soit dit en passant, la culture est décidement un puit sans fond !)

L'histoire est excellente, le fil directeur nous amène d'un chapitre à l'autre (alternance entre passé (XVIème siècle) et présent) et le roman avance sans que l'on s'en aperçoive. Les protagonistes sont fascinants de mystères et sont tous très intéressants. Voilà un page-turner qui ne vous lâche pas, impossible de le poser, on veut savoir. Ce roman est un coup de coeur, un super roman, et je le conseille au delà de toute objectivité objective, précipitez-vous !

 

Jorgen Brekke, Le livre de Johannes, Balland 2012, 479 pages. Traduit du norvégien par Carine Bruy.

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