Quelques Pages

Vendredi 21 septembre 2012 à 21:40

Littérature italienne

http://quelques.pages.cowblog.fr/images/3260050639644.jpgVers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour entreprend quatre expéditions au Japon pour acheter des oeufs sains. Entre les monts du Vivarais et le Japon c'est le choc de deux mondes, une histoire d'amour et de guerre, une alchimie merveilleuse qui tisse le roman de fils impalpables. Des voyages longs et dangereux, des amours impossibles qui se poursuivent sans jamais avoir commencé, des personnages de désirs et de passions, le velours d'une voix, la sacralisation d'un tissu magnifique et sensuel, et la lenteur, la lenteur des saisons et du temps immuable.

J'ai emprunté ce livre-audio à la bibliothèque parce que je lorgnais dessus depuis longtemps, et puis l'emprunt est une bonne façon de découvrir ce mode de lecture ! C'est donc pleine de curiosité que j'ai commencé l'écoute de ce roman en voiture, et je ne vous fait pas attendre davantage pour vous dire que j'ai adoré.
Tout d'abord parlons du roman. Soie est un roman très poétique, racontant les aventures d'un homme qui se lance dans l'élevage de vers à soie, activité peu répandue en 1860. Ainsi on découvre son histoire à travers un rythme fluide et doux ; comme à travers un poème. Le style est aussi beau que le fond, ce roman nous emmène en orient le lecteur voyage en même temps qu'Hervé Joncour. J'ai beaucoup aimé ce roman, qui est très imagé. En effet chaque détail est décrit de façon précise, s'attardant sur chaque geste, chaque millimètre de vie comme si la moindre petite chose était un monde.
Concernant la forme, j'ai adoré écouter cette histoire. Le livre audio ramène au conte, au sens premier du terme c'est-à-dire l'histoire narrée. Ici la voix de Jacques Bonnafé est agréable, et je pense que c'est un élément majeur, une voix que l'on n'aime pas pouvant rendre l'écoute très désagréable. Le fait d'écouter par petits bouts (plus commode avec la vie quotidienne) est aussi un point positif car on n'a pas le temps de se lasser, et au contraire on a hâte de retourner écouter la suite.
J'espère que ma chronique est assez claire, et qu'elle vous fait sentir à quel point ce roman est beau et mérite le détour.

Alessandro Baricco, Soie, lu par Jacques Bonnafé, Gallimard.

Dimanche 14 août 2011 à 15:50

Littérature italienne

huis clos en toscane.jpgVingt ans après, six anciennes camarades de classe se retrouvent dans la somptueuse villa où elles avaient séjourné ensemble l'année de leur bac. Seule Piera, l'organisatrice de ces retrouvailles, manque à l'appel. Lucia, Amanda, Déda, Maria Luisa, Tatti et Giovanna imaginent alors toutes sortes de motifs à son absence.
Très vite, trois autres disparaissent. Leurs amies se rassurent en pensant qu'elles ont filé à l'anglaise. Mais la tension ne cesse de monter, d'autant que le week-end prend fin et que le minibus censé venir chercher les hôtes de la Villa Camerelle se fait attendre. C'est alors qu'Amanda, la plus angoissée de la bande, fait une macabre découverte...

 

Commencé le 10-08-2011

Terminé le 13-08-2011

Ce roman débute in media res, l'action commence immédiatement ce qui évite les temps morts, voilà un point très positif. Peu de personnages interviennent, seules les six femmes qui cohabitent dans cet hôtel durant un week-end. Le lecteur est confronté aux interrogations que rencontrent chacune des femmes. En effet les points de vue changent, passant d'une femme à l'autre. Les mystères planent sur cet hôtel, et parmi les premiers, une disparition de culotte ! De quoi vous mettre dans le bain de suite. Ces femmes, pourtant quadragénaires, se comportent comme des adolescentes en colonie. En ce qui concerne l'intrigue, c'est tout d'abord, Piera, l'une des instigatrices du séjour, qui ne peut pas venir ; les autres filles tentent d'élaborer une explication, mais sans succès. Puis c'est Déda qui disparait après avoir fait forte impression dans la chambre de Giovanna, mais je n'en dirai rien ! Cette dernière ne tardera pas à disparaître dans la nuit d'une façon bien étrange. Cet hôtel se révèle peu à peu un personnage à part entière, possédé par le mal, oui ça fait peur ! Relevons aussi les passages en italiques fréquents, qui permettent de placer des doutes sur l'identité des vrais méchantes. Enfin c'est autour de Maria Luisa de s'évaporer, après s'être aperçue que la batterie de son portable avait été enlevée. A la fin du week-end, les femmes sont sensées rentrer chez elles par un minibus à 19 heures, minibus qu'elles attendent toujours. C'est Amanda qui fait les rapprochements nécessaires pour comprendre ce qui se passe dans cet hôtel. En effet l'explication réside parmi le groupe de femmes, d'où le huis clos. Pourtant on doute jusqu'à la dernière ligne de l'identité de la coupable, qui reste en fait un mystère. En effet même si on pense découvrir la vérité avant les personnages, l'auteur nous rappelle que nous avons toujours un train de retard. Ce roman possède une structure cyclique, la dernière phrase est aussi la première, et tout laisse à penser que les événements peuvent recommencer. En un mot c'est un bon polar, angoissant et stressant, et c'est bien tout ce qu'on lui demande ! Ce roman clos le Prix des Lecteurs, et je suis bien contente d'y avoir participer, pour les découvertes qu'il m'a permis de faire.

 

Diana Lama, Huis clos en Toscane (Solo tra ragazze), Livre de Poche 2011, 221 pages. Traduit de l'italien par Carole Cavallera. Première publication en français par La Table Ronde 2009.

 

Lu dans le cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2011

Août 2/2

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Mardi 26 juillet 2011 à 23:18

Littérature italienne

couv-carrisi-le-chuchoteur.jpgCinq petites filles ont disparu. 
Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière. Au fond de chacune, un petit bras, le gauche.

Depuis qu’ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d’agents spéciaux ont l’impression d’être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d’un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d’appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d’enlèvement. Dans le huis clos d’un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire...

Un époustouflant thriller littéraire,
inspiré de faits réels.

Commencé le 18-07-2011

Terminé le 25-07-2011

Ce roman a été une découverte. Tout d'abord l'intrigue est bien menée, le suspens est présent et les indices sont révélés au compte gouttes, laissant ainsi le lecteur élaborer sa propre théorie. L'auteur nous fait pénétrer dans un univers effrayant et angoissant. On part à la poursuite d'un tueur en série troublant, par son manque d'humanité, et par son vice. L'écriture est plaisante et légère, je reprocherais juste quelques répétitions un peu lourdes, bien qu'elles soient peu nombreuses et nécessaires, et puis le lecteur n'étant pas rancunier, il pardonne ! Les personnages sont attachants et très réels. J'ai beaucoup aimé Mila, notamment son insertion dans l'équipe du criminologue Goran Gavila. Donato Carrisi nous invite à découvrir des personnages répugnants, malsains. En effet la galerie des personnages est riche et intelligemment fournie, ce qui permet de pénétrer pleinement dans un bon polar, laissant beaucoup de place à l'évasion. Certaines révélations sont inattendues, d'autres peuvent être anticipées. Ceci dit, les dernières pages sont pleines de démêlés et de surprises, et j'ai été ravie de me laisser surprendre par l'auteur. Je conclurai en disant que je connais relativement peu la littérature italienne, et ce roman me pousse à continuer de la découvrir.

 

Donato Carrisi, Le chuchoteur (Il suggeritore), Livre de Poche 2011, 574 pages. Première publication Longanesi & C 2009, traduit de l'italien par Anaïs Bokobza.

 

Lu dans le cadre du Prix Livre de Poche 2011, catégorie Polar

Juillet 1/2

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