Quelques Pages

Jeudi 31 mars 2011 à 7:00

La citation du jeudi

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Merci Chiffonnette !
 

Sookie : Did you feed on the Rattrays ?

Bill : Yes, after I'd given you my blood while you were healing. You drank a lot of my blood.

Sookie : What will that do to me ?

Bill : Well, you'll have keener senses.

Sookie : What else ?

Bill : [pauses] Your libido will be more active.


Sookie : [blushes] Is.. Is that it ?

Bill : I'll always be able to feel you. I'll be able to find you fast. If you're in trouble, that could come in quite handy.

 

True blood, saison 1, épisode 2 (34")

Mercredi 30 mars 2011 à 15:09

Littérature allemande

circoncision.jpgCinquante ans après la Seconde Guerre mondiale, Andi, un jeune Allemand, et Sarah, une Juive dont la famille est rescapée d'Auschwitz, tentent de vivre leur amour malgré le poids du passé.

Lu le 30-03-2011

J'ai du mal à trouver les mots, cette nouvelle est excellente. L'écriture est sublime, très agréable. On prend un réel plaisir aux côtés de ce texte.  Le style m'a évoqué marguerite Duras, dans la découpe des phrases. Au delà des mots le problème soulevé, concernant la cohabitation entre les juifs et les allemands contemporains, qui n'ont pas connu la guerre, est très bien abordé. Ce jeune couple mixte permet de soulever des problèmes de tolérance. Notamment les idées reçues sur les allemands, encore aujourd'hui. Ont-ils une facette nazie en eux ? La circoncision, puisque c'est son titre, entre en jeu assez tard. Andi, le jeune allemand chrétien, souhaite se faire circoncire pour se rapprocher de sa femme, mais passe par un chirurgien. Il soulève donc un paradoxe, voulant devenir juif mais refusant "l'humiliation" et "la douleur" du rituel. Lorsqu'il retrouve sa femme, celle-ci ne s'en aperçoit même pas. Bref cette nouvelle est aussi courte que puissante. Elle fait réfléchir et remet en jeu certaines idées reçues.

Bernhard Schlink, La circoncision, Gallimard, Folio, 2011 pour la traduction française, 85 pages. Traduit de l'allemand par Bernard Lortholary et Robert Simon. 2000 pour la première parution.

Mercredi 30 mars 2011 à 12:31

Littérature USA

john irvingLa vie du journaliste de Patrick Wallingford, bel homme à la nonchalance parfois grossière, change du tout au tout lors d'un reportage : il se fait dévorer la main par un lion devant une caméra de télévision. Il accepte courageusement de subir une greffe. Mais, dans le monde de John Irving, les choses ne se passent jamais comme on le souhaiterait...

Commencé le 26-03-2011

Terminé le 29-03-2011

Ce roman est décalé dès le départ. Du coup on est dans le bain rapidement. J'ai vu récemment une interview sur France 5 ou je l'ai trouvé très intéressant. Cependant je ne sais pas comment cet auteur arrive à passer pour un homme sain ou encore à répondre à une interview comme un auteur normal. Cet homme a une imagination débordante et il sait à chaque roman, nous plonger dans de nouveaux univers. C'est vraiment un auteur hors normes, ces personnages sont singuliers (ici Patrick Wallingford est un journaliste qui ne fait rien pour se démarquer, mais qui fait tomber les femmes comme des mouches sans jamais faire le premier pas. En fait "il inspirait un trouble érotique et un désir hors norme", rien de moins). En ce qui concerne son style, j'adore, mais l'idéal serait de le lire en anglais. En tout cas la traduction est de qualité. Une chose est sûre, il a des idées toujours plus époustouflantes. Après l'avoir découvert avec Le monde selon Garp je me suis dit on ne peut plus rien inventer d'aussi fou, et bien si ! Ce que j'adore chez John Irving c'est que je suis toujours surprise, et c'est très plaisant de savoir que chaque roman sera une découverte. Bon parlons un peu de ce roman ! Rien ne se passe jamais simplement, aussi lorsque Patrick peut recevoir une greffe de main, celle-ci a comme qui dirait "un fil à la patte" et il se fait aussi greffer Doris Clausen. Doris, veuve d'Otto, le propriétaire de la main, veut retrouver son mari à travers cette main, et ne quitte plus Patrick. Comme quoi les personnages sont vraiment singuliers. Je trouve ce roman très profond, car il n'est pas seulement bon en surface, en plus il fait réfléchir. Ce journaliste change peu à peu, et la perte de sa main lui apporte une dimension plus grave. Il cherche de la reconnaissance, de la compassion, mais ne les trouve pas. Doris va beaucoup lui apporter. Cet homme à femmes va s'assagir et s'attacher à elle. J'ai aussi beaucoup aimé le personnage du chirurgien le Dr Zajac. Ce médecin spécialiste de la main n'est jamais reconnu comme tel car ces greffes se traduisent par des échecs. Il a un fils qui ne mange pas , sûrement par mimétisme (lui même est maigre, mange des graines et mène une vie très saine), une assistante folle de lui (surtout à partir de la page 50) et qui va même jusqu'à se métamorphoser pour lui plaire. En voici un passage éloquent : "La jeune femme avait perdu dix kilos, elle s'était inscrite à un club de gymnastique, elle courait cinq kilomètres par jour, et pas en petites foulées. Et si ses nouvelles tenues n'étaient pas du meilleur goût, elles avaient été choisies pour mettre son corps en valeur. Car belle, Irma ne le serait jamais, mais elle était bien bâtie". Ainsi Zajac quitte son démon de femme (Hildred) pour vivre une passion avec Irma. C'est un roman à épaisseur, voilà ce qui me vient pour le décrire, car il est drôle, débridé, parfois léger, mais il possède aussi un côté grave et délicat. J'ai aussi beaucoup aimé les remerciements, dans lesquels l'auteur explique d'où lui est venue l'idée de ce roman, et puis ils sont aussi très bien écrits.

John Irving, La quatrième main (The Fourth Hand), 376 pages, Editions du Seuil, Points, 2001 pour la première publication, 2002 pour la traduction française. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Josée Kamoun.

Vendredi 25 mars 2011 à 12:14

Littérature anglaise

fermedesanimaux.gifUn certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Snowball et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement :

"Tout ce qui est sur deux jambes est un ennemi. Tout ce qui est sur quatre jambes ou possède des ailes est un ami. Aucun animal ne portera de vêtements. Aucun animal ne dormira dans un lit. Aucun animal ne boira d'alcool. Aucun animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux.

Le temps passe. La pluie efface les commandements. l'âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer :

"Tous les animaux sont égaux, mais (il semble que cela ait été rajouté) il y en a qui le sont plus que d'autres."

Commencé le 24-03-2011

Terminé le 25-03-2011

Ce roman est une satire de l'être humain. L'histoire se passe à la Ferme du Manoir, en Angleterre. Les animaux en ont assez et décident de prendre le pouvoir, sous la direction de Sage l'Ancien (un cochon). Ils réussissent à faire partir les propriétaires, les Jones. Au départ la situation est idyllique, du moins dans l'idée. En effet rapidement des animaux sont accusés de rester en contact avec des humains. En outre les 7 commandements établis sont rapidement modifiés, à la guise de Napoléon, un gros cochon autoritaire. Le groupe perd son unité initiale, et certains sont tués. Les cochons prennent peu à peu le pouvoir, ils ont droit à l'éducation, à une ration supplémentaire. Comble du comble, les cochons marchent sur deux pattes et reçoivent des humains à leur table. Seul Malabar, adorable cheval, est sans doute le plus courageux. Ce-dernier finira chez l'équarrisseur, mort de fatigue après avoir chargé une énième livraison de pierres servant à la construction d'un moulin. Je pourrais parler de ce roman bien plus en détail, car il est extrêmement pertinent, mais je vous laisse le lire sans vous en dire plus. En bref c'est un excellent roman qui marque, et qui ne peut laisser indifférent.

George Orwell, La ferme des animaux (Animal farm), Gallimard, Folio, 151 pages. Traduit de l'anglais par Jean Quéval. 1945 pour la première publication, 1947 pour la traduction française.

 

Lu pour le challenge Matilda

2/14

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Jeudi 24 mars 2011 à 12:30

Littérature USA

un-pied-au-paradis.jpgOconee, comté rural des Appalaches du Sud, années 50.
Une terre jadis arrachée aux Indiens Cherokee et qui bientôt sera définitivement enlevée à ses habitants : la compagnie d'électricité Carolina Power rachète peu à peu tous les terrains de la vallée pour construire une retenue d'eau, un immense lac qui va recouvrir les fermes et les champs. Ironie du sort : une sécheresse terrible règne cet été-là, maïs et tabac grillent sur pied dans les champs arides.
Le shérif Will Alexander est le seul à avoir fréquenté l'université, mais à quoi bon, quand il s'agit de retrouver un corps astucieusement dissimulé ? Car Holland Winchester a disparu. Il est mort, sa mère en est sûre, qui a entendu le coup de feu chez leur voisin. L'évidence et la conviction n'y font rien : pas de cadavre, pas de meurtre. Sur fond de pays voué à la disparition, une histoire de jalousie et de vengeance, très noire et intense, sous forme d'un récit à cinq voix : le shérif, le voisin, la voisine, le fils et l'adjoint.

Commencé le 21-03-2011

Terminé le 24-03-2011

J'ai beaucoup aimé la forme de ce roman. Il s'agit d'une histoire simple. Un couple n'arrive pas à faire d'enfant car le mari est stérile donc sa femme séduit leur voisin, un beau mâle brun et en sueur, et après quelques galipettes, tombe enceinte. Mais le voisin torride est lourdeau et, comprenant tout, souhaite devenir le père et vivre avec Amy. Comme on est dans les Etats-Unis de 1950 et que le fusil se dégaine vite, Holland (le voisin) est tué. Cette histoire simple donc, est racontée par les différents protagonistes, une première fois par le shérif (Alexander) puis par la femme (Amy), par le mari (Billy), par le fils (Isaac), et enfin par l'adjoint (Bobby).

Tout l'intérêt réside dans le changement de point de vue. Ceci dit cela a aussi un inconvénient, lire plusieurs fois la même histoire crée des longueurs. Heureusement la version du fils apporte de nouvelles informations car Isaac a maintenant 17 ans et cherche à connaître son passé. L'élément déclencheur est l'inondation de la vallée. En effet Mme Winchester (la mère de Holland) ne veut pas que la vallée soit inondée sans avoir enterré son fils.

Enfin la version de l'adjoint est intéressante car elle est centrée sur la fin de la ville, qui est peu à peu ensevelie par les eaux. Certains habitants finiront avec elle et ne partiront jamais de Oconee, devenue "l'eau la plus claire de tous les lacs du Sud" comme promettait la compagnie d'électricité qui possède le lac.

Ron Rash, Un pied au paradis (One foot in Eden), 316 pages. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Isabelle Reinharez. 2002 pour la première publication, 2009 pour la traduction française.

 

Lu pour le prix Livre de Poche, catégorie Polar

Mars 2/2

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