Quelques Pages

Jeudi 24 février 2011 à 23:22

La citation du jeudi

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En ce jeudi, place à la citation !

 Sur une idée de Chiffonnette

"Il vaut mieux prendre ses désirs pour des réalités que de prendre son slip pour une tasse à café."

Pierre Dac

Jeudi 24 février 2011 à 23:12

Littérature française

émile zola,rougon-macquart

Dans la petite ville provençale de Plassans, au lendemain du coup d'État d'où va naître le Second Empire, deux adolescents, Miette et Silvère, se mêlent aux insurgés. Leur histoire d'amour comme le soulèvement des républicains traversent le roman, mais au-delà d'eux, c'est aussi la naissance d'une famille qui se trouve évoquée : les Rougon en même temps que les Macquart dont la double lignée, légitime et bâtarde, descend de la grand-mère de Silvère, Tante Dide. Et entre Pierre Rougon et son demi-frère Antoine Macquart, la lutte rapidement va s'ouvrir. Premier roman de la longue série des Rougon-Macquart, La Fortune des Rougon que Zola fait paraître en 1871 est bien le roman des origines. Au moment où s'installe le régime impérial que l'écrivain pourfend, c'est ici que commence la patiente conquête du pouvoir et de l'argent, une lente ascension familiale qui doit faire oublier les commencements sordides, dans la misère et dans le crime. " Votre comédie est tragique ", écrit Hugo juste après avoir lu le livre : " Vous avez le dessin ferme, la couleur franche, le relief, la vérité, la vie. Continuez ces études profondes"

Commencé le 16-02-2011

Terminé le 24-02-2011

Une lecture non programmée en cette année de challenges et de prix littéraires, certes, mais après avoir lu "Cartoon" et avoir été fort frustrée de n'y trouver aucun plaisir, j'avais besoin de me tourner vers Emile. Ce premier volume de la série des Rougon-Macquart présente l'époque de cette France du XIXème et les premiers personnages de cette famille, notamment Antoine Macquart et sa femme Joséphine (Fine). On y découvre des personnalités extravagantes, entières et avec de gros défauts. Le style est sans surprise, un régal. Les deux jeunes Miette et Silvère sont très doux et les passages de leur intimité sont très beaux. La fin de ce roman est belle, émouvante, puissante. Emile sait toujours m'emmener dans des endroits lointains, me faire voyager sans bouger. Dans ce tome, je suis allée marcher dans les prés, j'ai écouté les cours d'eau, j'ai entendu les cris des insurgés, j'ai fui les balles perdues. Bref, même si j'ai passé du temps à la lecture de ce livre, et que j'avançais peu, merci Emile.

Emile Zola, La fortune des Rougon, Gallimard, Folio, 460 pages. Préface de Maurice Agulhon.

Jeudi 17 février 2011 à 14:36

La citation du jeudi

En ce jeudi, voici la citation que j'ai voulu partager. Un joli moment entre Miette et Silvère. Leur dernier moment ensemble avant que ce dernier ne parte avec les insurgés. 

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Merci Chiffonnette

"Silvère, que la marche cadencée de l'enfant berçait, et qui sommeillait doucement, les yeux ouverts, ne fit aucune objection. Ils reprirent leur extase. Ils avançaient d'un pas ralenti, par crainte du moment où il leur faudrait remonter la côte ; tant qu'ils allaient devant eux, il leur semblait marcher à l'éternité de cette étreinte qui les liait l'un à l'autre ; le retour, c'était la séparation, l'adieu cruel."

La Fortune des Rougon, Emile Zola

Mercredi 16 février 2011 à 12:04

Littérature USA

cartoon.jpgCinéma, télévision, presse, musique... à Hollywood, les studios Lamaar sont un véritable empire du divertissement. Joyau du groupe : Familyland, un parc d’attractions mondialement connu, symbole du rêve et des valeurs traditionnelles.

Lorsque l’acteur qui interprète la mascotte du parc est assassiné et qu’on lui découvre un passé pédophile, la réputation de Familyland se trouve menacée. Et quand un second cadavre est retrouvé, l’empire Lamaar tout entier commence à vaciller.

C’est dans cet univers où toute vérité n’est pas bonne à dire, celui de la communication, que Lomax et Briggs, deux flics du LAPD, vont enquêter, avec pour seules armes leur intégrité et leur complicité. Avec Cartoon, roman hors normes, Marshall Karp renouvelle le genre avec humour en mêlant à une intrigue démentielle une formidable critique sociale.

Commencé le 11-02-2011

Terminé le 15-02-2011

Bon il faut dire qu'en ce moment mon envie littéraire penche plus vers les classiques que vers les polars, donc je pense que cela vient en grande partie de moi, cependant je me suis ennuyée. L'histoire commence avec une succession de meurtres d'hommes incarnant des personnages de dessin animé dans un parc d'attraction. Le narrateur est l'un des policiers chargés de l'enquête. Mike vient de perdre sa femme d'un cancer, séquence émotion lorsqu'il reçoit des lettres qu'elle avait écrites pendant sa chimiothérapie, schéma fort connu et déjà utilisé à moult reprises. Je ne veux pas être trop dure dans la mesure où lu un autre jour, ce polar aurait pu me plaire qui sait ? Mais je me suis forcée à le lire jusqu'au bout. Je reconnais objectivement que l'écriture n'est pas mauvaise, et c'est avec cette litote que je veux dire que le style n'est pas proustien mais assez fluide. L'enquête se déroule, et en fond, la vie privée de Mike (un modèle de vertu). Il donne sa casquette à un petit cancéreux qui veut devenir policier s'il ne meurt pas. Puis il rencontre une femme, mais a du mal à s'engager car repense à sa femme décédée. Malgré une enquête qui le fait bosser, je cite "vingt-cinq heures sur vingt-quatre", il trouve le temps de coucher avec la mère d'Hugo le jeune cancéreux, et de lui faire l'amour 3 fois, quel homme ! Dans les dernières pages l'enquête se résout, Mike est heureux avec Diana (la mère d'Hugo), et il reçoit les 8ème et 9ème lettres de Joanie sa femme. Un happy end tout beau tout rose, on est tellement content.

Marshall Karp, Cartoon (The Rabbit Factory), Livre de Poche, 633 pages. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean-Luc Piningre.

 

Lu dans le cadre du Prix livre de Poche

Février 2/2

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Vendredi 11 février 2011 à 22:54

Littérature USA

uneprièrepourowen.jpgOwen tue la mère de John, son meilleur ami, d'une balle de base-ball perdue. À onze ans, il se proclame instrument de Dieu, et, grâce à lui, John devient chrétien. C'était avant Kennedy, la guerre du Vietnam et la prolifération de l'arme nucléaire. John se souvient de son ami d'enfance, et avec une nostalgie pleine de colère, d'une certaine Amérique, égocentrique et triomphante.

Commencé le 7-02-2011

Terminé le 11-02-2011

Dans ce livre l'auteur narre l'histoire de la famille Wheelwright à travers le narrateur, John né en 1942. Dès les premières pages, j'ai retrouvé ce qui me rend accro à cet auteur. J'ai constaté en moi une folle et inexplicable addiction à John Irving. Inexplicable mais pourtant éclairée par ce qui suit. Parce que cet auteur écrit somptueusement bien, parce que ces personnages ont une réelle consistance et qu'on a envie de les connaître en vrai, et enfin parce que dans ces livres il y a toujours ce petit quelque chose qui tient de la magie (j'en suis persuadée) et qui fait qu'on est comme envoûtée par ses mots et qu'on ne peut lâcher l'un de ses livres qu'après l'avoir terminé. C'est à mon frère que je dois le prêt de ce livre, et c'est aussi à lui que je dois la découverte de cet auteur, d'abord avec Le monde selon Garp, puis avec L'hôtel New Hampshire. Un John Irving, en toute objectivité scientifique, c'est mieux qu'un antidépresseur. A quand la médecine par les livres ? Le débat est ouvert. Le narrateur , John, est un professeur de littérature quadragénaire. "Owen" dont il est fait référence dans le titre (petit personnage très intelligent autant qu'il est étrange, au physique peu conventionnel (tout petit avec un visage d'adulte) et doté d'une voix haut perché et stridente (cf la réflexion du professeur de chant et de diction "Votre pomme d'Adam reste en position de cri permanent")), Owen donc, est son ami d'enfance. Le roman retrace leur enfance, expliquant l'influence qu'a eu Owen sur John. La fin approchant, j'ai ressenti quelques longueurs, mais dans les 10 dernières pages en revanche j'ai vraiment apprécié la profondeur de cette histoire, et j'ai trouvé la fin très belle. On comprend le mystère que cache Owen et le personnage prend tout son sens.

John Irving, Une prière pour Owen, (A Prayer for Owen Meany), édition du Seuil, 2 septembre 1995, mai 1989 pour la traduction française, collection points, 699 pages. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Michel Lebrun. Présenté par Nicole Moulinoux.

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